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vendredi 23 novembre 2012

On losing the baby weight

J'ai cru que j'arriverais à prier quand tout s'est révélé un rêve impossible mais mes mots sont encore pris dans ma gorge.  Ce petit cœur qui battait dans mon ventre, il a choisit de s'arrêter. Le ciel est vide à présent.  Il n'y a plus de colère.  L'espoir tarde. 

C'est dans ma tête depuis plus d'un an maintenant.  Ce titre est souvent utilisé par les magazines de mise en forme: «Comment perdre le poids pris pendant la grossesse?»

Le poids que j'ai porté pendant ces derniers mois n'était déjà plus sur mes hanches ou mes cuisses et il a pourtant continué à alourdir mon pas.  J'ai un corps qui a changé, s'est déformé, s'est oublié. J'ai un corps de femme qui attendait sa consécration dans la protection et l'alimentation d'une autre vie.  Mon corps est sec. Il n'y a pas de terre fertile ici.

J'ai un corps à redéfinir.





dimanche 30 mai 2010

Sur les cougars et autres félins

Récemment, je suis tombée sur plusieurs commentaires (écrits dans les magazines, commentaires radios et statistiques) concernant les femmes plus âgées que leurs partenaires amoureux. On sait tous que les modes vont et viennent. Voici revenue celle (qui ne se démode pas plus de deux jours) de la marginalisation sexuelle de la femme.

En anglais, les femmes qui fréquentent des hommes plus jeunes sont nommées cougars, le terme n’est pas nouveau. Le terme en lui-même renvoi au prédateur félin, rapide et expérimenté qui leurre sa proie avant de la dévorer tout rond. Voici une définition tout à fait élégante : «Noun. A 35+ year old female who is on the "hunt" for a much younger, energetic, willing-to-do-anything male. The cougar can frequently be seen in a padded bra, cleavage exposed, propped up against a swanky bar in San Francisco (or other cities)waiting, watching, calculating; gearing up to sink her claws into an innocent young and strapping buck who happens to cross her path. "Man is cougar's number one prey"
Millions of them. More famously, Demi and Ashton, Naomi Watts and Heath Ledger, Joan Collins and her hubby, Cameron and Justin, Susan Sarandon and Tim Robbins » À mon humble avis, cela m’a tout l’air d’une expérience absolument amusante quand elle implique deux adultes consentants. Mais voilà, de nouveau notre société bourgeoise choisit d’en faire tout un plat. Je sais que nous discutons sur la place publique de tous les penchants sexuels, des plus fades aux plus hard-core, ce qui me dérange dans ce cas-ci, (outre le fait qu’on me dira que je défends mon pré) c’est le fait qu’on en soit au point de créer des statistiques pour dissuader les femmes de baiser des jeunots. J’ai entendu à la radio que les hommes qui couchent avec des femmes plus jeunes tendent à vivre plus longtemps tandis que les femmes qui ont des rapports avec des hommes plus jeunes tendent à mourir plus rapidement….

!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Sérieusement?

Je ne m’attarderai pas ici sur comment on a créé ces statistiques, sur combien de temps ni sur qui sont basées les données… lol! Je me demande simplement, qui a pensé à faire ça?

On marginalise déjà suffisamment la femme jeune qui découvre sa sexualité, qui veut faire des expériences et qui se donnent la liberté de le faire, maintenant, il va falloir également trouver des accusations à lancer aux femmes qui ne trouvent pas satisfaction auprès de partenaires bourrés de viagra? Si la différence d’âge n’est pas un problème pour les deux personnes dans le couple, personne n’a le droit de juger. Voyons donc! Inventer des statistiques pour… ensemencer la peur dans l’esprit des sexy-hot-mamas qui veulent faire profiter charitablement de leur expérience sexuelle à des jeunes qui en feront à leur tour profiter les jeunes femmes? Au bénéfice de qui???? Le monde serait tellement plus joli si tout le monde était satisfait…

dimanche 16 mai 2010

Sur l'image de soi

Je suis particulièrement fâchée depuis quelques jours. L'été s'en vient et c'est la saison où tout le monde parle de poid et de bikini-body. Dire que la plupart des femmes sont particulièrement touchée par la demande de corps jeunes et fermes seraient un euphémisme. Je suis de celle qui doivent se battre tous les jours pour garder une silhouette acceptable et je suis aussi très susceptible à tous les nouveaux produits sur le marché pour aider à maintenir mon poids dès que je n'ai pas la chance d'aller au gym. Heureusement, la partie rationnelle de mon cerveau me dicte un comportement sain et je ne touche pas aux produits hasardeux.

Récemment, je fais un tour dans la partie minceur d'une pharmacie et je me rend compte que des produits quasi dangeureux sont sur les tablettes, accessible à tous... à tout âge... Il y a une certaine tisane qui prétend aider à atteindre le poid idéal... Une tisane, ça semble si inoffensif et pourtant! Ces tisanes, faites de produits naturels, contiennent des herbes laxatives. C'est le premier pas, pour toute adolescente, vers les troubles alimentaires. Je suis outrée que des produits comme ça soient en vente libre, surtout dans la partie minceur! Comment peut-on vendre comme ça des produits laxatifs en prétendant que c'est normal d'utiliser des laxatifs pour mincir?

Moi qui suis en éternelle convalescence de la boulimie nerveuse, suis vraiment attristée de me rendre compte qu'on n'en fait pas de cas. Je suis extrêment bien placée pour savoir que les laxatifs ne sont qu'un des méthodes créatives qu'emploi les boulimiques-anorexiques-personnalitéslimites, mais cela ne rend pas moins grave le message envoyé par la vente de ces poduits dans les pharmacies! Là où on vend aussi des médicaments censés guérir... Qu'est-ce que ça veut dire?

Bon, j'en profite ici pour m'adresser aux filles et aux gars qui se reconnaissent peut-être dans ce texte, ceux et celles qui souffrent de troubles alimentaires. J'ai trouvé un site qui m'a beaucoup aider et qui m'aide encore: http://www.boulimie.fr/
Ce n'est pas une site comme les autres, il a été écrit par une ancienne boulimique qui comprend par où on passe et que les conseils de ceux qui veulent aider mais ne comprennent pas, sont plus douloureux et inutles qu'autre chose. Ça nous permet de nous sentir un peu comprises mais surtout aidées.

mercredi 14 avril 2010

À cause de Millénium

Depuis que j’ai complété mon Bac en Littérature Comparée à l’U de M, j’ai négligé ma propre passion pour la question de l’identité féminine. Puisque j’ai choisi de ne pas poursuivre mes études universitaires, pour des raisons plus que complexes, j’ai tenté d’oublier la théoricienne en moi. Je me vois aujourd’hui presque obligée de reprendre la plume et mes réflexions après les quelques mois que j’ai passé en région.

Je me rends compte, avec horreur, à quel point nous avons délaissé, nous les femmes, les batailles nécessaires à l’obtention d’une égalité des sexes. Oui, il s’agit effectivement d'un vieux débat, un débat et une position desquels la plupart des femmes et jeunes filles se soustraient avec enthousiasme, arguant haut et fort : « Je ne suis pas féministe.» Comme si être féministe était une tare honteuse. Dans un avenir rapproché, je reviendrai avec un bref historique du mouvement féministe et pourquoi nous en avons une idée si faussée.

Aujourd’hui, je ne tiens pas à être trop théorique. Je veux seulement ouvrir un débat sérieux. J’ai eu à vivre des moments difficiles dans ma condition de femme dans le marché du travail dans les derniers mois. Cela m’a d’abord si profondément choquée que j’en suis restée immobile pendant des semaines. Aujourd’hui après avoir été brutalement réveillée par un seau glacée de réalité, je recommence à écrire. Je viens de passer près de 4 jours au lit, à dormir, pleurer, lire, dormir encore, grignoter et dormir encore. C’est impossible, me suis-je dit ce matin. C’est impossible que nous soyons en 2010 et qu’il y ait encore au Québec des endroits où un employeur peut s’autoriser à juger et critiquer une employée sur ses relations amoureuses et interpersonnelles avant de juger son travail.

J’ai été témoin et victime de gestes que je ne croyais tellement plus possible dans le contexte où nous vivons que j’ai d’abord cru qu’il y avait quelque chose que je ne comprenais pas, qu’il y avait quelque chose que j’avais du mal faire.

Je suis entrée dans un monde où la femme n’a pas le droit d’être femme, elle doit être neutre. Bon, c’est le cas partout de nos jours, mais là, c’était tout simplement flagrant! On accepte d’engager une femme mais elle doit faire oublier son identité féminine.

La question devient très complexe à ce point-ci. Qu’est-ce que je veux dire par identité féminine? Chacune d’entre nous la vit à sa manière. Être une femme ne s’explique pas en énumérant une liste d’attributs. Pourtant, être une femme, devrait comporter autant de droits que d’être un homme. Ce n’est certes pas si évident au Québec, de comprendre que nous ne sommes pas si libres que nous le croyons, ni si égales… Pour certaines, je vais sembler m’égarer dans un monde imaginaire, le quotidien peut être si facile à gérer lorsqu’on ne s’interroge pas sur les conséquences de nos actions mais surtout, de nos acceptations tacites de situations qui étouffent notre potentiel de changement et d’évolution.

Je reviens sur la question de l’identité féminine. En termes concis, je considère que la base de l’identité féminine doit être puisée dans la biologie de la femme. En termes plus clairs, être femme, c’est habiter le corps d’une femme. Le corps d’une femme est d’une complexité magique. Être femme c’est être plus frêle qu’un homme (en général) et à la fois tellement plus forte car l’endurance émotionnelle et physique dont nous sommes capables à l’enfantement est de loin la pire douleur possible. Être femme, c’est avoir la chance de porter la vie, être femme, c’est avoir la possibilité de nourrir un être à partir de son propre corps. Être femme, c’est défier les lois de la physique en faisant mentir la phrase qui dit que deux corps ne peuvent pas de trouver au même endroit, au même moment. Être une femme, c’est donc être un être d’amour et de dévotion. Être une femme, c’est être un être de désir et de chair également. Être une femme, c’est toute une responsabilité.

Avant que quelqu’un s’insurge, je ne crois pas que ce que je viens d’écrire dans le paragraphe précédent signifie qu’une femme ne peut pas vouloir une carrière ou puisse ne pas désirer d’enfant. Je crois simplement que notre constitution biologique nous prédispose à certains comportements. Non seulement nous prédispose mais, également, nous dispense de toute nécessité de nous excuser de nos besoins. Par là, je veux dire que nous ne devrions jamais avoir à répondre à un employeur qui nous demande si nous voulons des enfants. D’abord, c’est personnel et, ensuite, ça ne doit en aucun cas servir d’argument discriminatoire. Les femmes ne devraient pas avoir à subir de coupe salariale parce qu’elles sont en âge d’enfanter. C’est aberrant.

Aujourd’hui, nous sommes encore confrontées à toutes sortes d’images qui faussent notre perception de nous-mêmes. Les jeunes filles, les jeunes femmes de mon âge, croient encore qu’il faut à tout prix devenir un objet sexuel pour obtenir une place dans la vie. Trop de femmes construisent encore leur identité à partir des images tronquées que les médias nous renvoient. Encore trop de femmes croient devoir s’accomplir à travers les yeux d’un homme. Comprenez-moi bien, je suis la première consciente de la nécessité d’une relation amoureuse dans la vie, mais j’insiste sur le fait qu’un couple ne peut pas être la base d’une construction de soi. L’identité doit être déjà construite avant que la relation commence, faute de quoi, quelqu’un en sortira quelque peu surpris.

Je viens de terminer le troisième tome de la série Millénium. Je n’ai pu que me reconnaître dans la situation qu’Erika Berger, un des personnages féminins, vit dans son milieu de travail. Une femme intelligente et compétente dont le travail est saboté par la condescendance et la peur masculine. C’est un peu pour cela que j’ai choisi d’écrire aujourd’hui. Si un homme en Suède est capable d’écrire un millier de pages pour dénoncer «Les hommes qui n’aim[ent] pas les femmes» (Stieg Larsson, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Actes Sud, 2006) eh bien, je crois qu’il est temps qu’on le fasse ici aussi.